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Le 15. mars 2017 à 08h49

Toulon Eco échos Bientôt, un supermarché coopératif

Parce qu'il est difficile de se nourrir sainement et à des prix abordables, de trouver dans un même endroit des produits frais, locaux ou d'origine biologique, avec une véritable traçabilité, l'association Coop sur Mer souhaite ouvrir un supermarché coopératif à Toulon.

Une partie de l'équipe de la Coop sur Mer lors des rencontres Intercoop à Paris

Une partie de l'équipe de la Coop sur Mer lors des rencontres Intercoop à Paris

Les supermarchés coopératifs ont le vent en poupe. La raison est simple. Selon une étude récente, les Français ont changé leurs habitudes alimentaires et achètent de moins en moins de produits de grande consommation. A la quantité, ils préfèrent la qualité, soucieux de leur santé, et privilégient désormais les circuits courts et les achats utiles, fabriqués localement. De plus en plus de consommateurs responsables, animés d'un esprit citoyen, se regroupent et deviennent des ''consom'acteurs''.

Faire tous ses achats en un seul lieu


Pour une personne qui souhaite manger des produits frais, locaux ou d'origine biologique, la difficulté est de tout trouver dans un seul et même endroit, surtout si l'on rajoute à sa liste de courses produits d'entretien, d'hygiène, de droguerie, ou même des chaussettes ! Forte de ce constat, l'association Coop sur Mer, fondée à Toulon il y a deux mois par Dominique Tardy, veut ouvrir un supermarché coopératif. «Avec les adhérents, nous allons créer un magasin, l'imaginer ensemble. Il faut suffisamment de produits pour satisfaire les goûts et habitudes de chacun. Les coopérateurs pourront y faire toutes leurs courses sans être obligés d'aller dans plusieurs endroits».

La qualité sans se ruiner


Autour de Dominique, la présidente, Patrick, Patricia,Vincent et Serge, tous bénévoles, partagent les mêmes valeurs : «Nous voulons des produits sains, bio et locaux dans la mesure du possible, en privilégiant la qualité, les circuits courts et l'accessibilité, mais sans exclusion, ni pour les faibles revenus, ni pour ceux qui ne mangent pas que du bio. Il faut qu'il y ait du choix. Nous ferons de notre mieux pour établir un juste prix de rémunérations des producteurs. Nous souhaitons un magasin qui inclut et non qui exclut».

Un magasin à échelle humaine


En 2016, le bio a enregistré une croissance record. Pourtant, il reste assez cher, même si les grandes surfaces se sont emparées du marché depuis plusieurs années. Carrefour par exemple, est le premier producteur de produits bio et achète à tout va, les terres agricoles. Mais qu'on se rassure. A Toulon, ce ne sera pas un magasin bio de plus. Ici, on veut travailler sur le lien, la mixité sociale. «Notre but n'est pas de faire de l'argent à tout prix. Nous voulons simplement rendre les bonnes choses accessibles à tous». Reste que la volonté de créer une société moins centrée sur elle-même et donc plus solidaire, est présente à l'esprit de tous.

Nouveau système économique


Sur le territoire national, on compte une vingtaine de supermarchés coopératifs ou d'initiatives de ce genre. En novembre 2016, le supermarché La Louve, à Paris, a ouvert ses portes dans le 18ème. Il compte 4500 membres. «C'est un succès. Leur budget est de 1,5 million d'euros. Ils ont 1500 m² et 4000 produits référencés». Dans ce magasin, les clients sont aussi coopérateurs et s'engagent à venir travailler 2h45 toutes les 4 semaines pour avoir accès à des produits moins chers qu'en grande surface. Ainsi, ils participent à l'essor du magasin. «A la Louve, il y a seulement 6 salariés». Car il n'y a pas de secret : «Dans les supermarchés classiques, ce qui impacte le coût des produits, c'est la masse salariale. Les coopérateurs eux, réalisent entre 75 et 80 % du fonctionnement de l'hypermarché».

Trois étapes avant d'ouvrir


La première étape avant l'ouverture d'un magasin coopératif passe par le groupement d'achats. «Il faut démarcher les producteurs locaux, évaluer les envies et les goûts de chacun», explique Patricia Biasetti. Ensuite, il faut ouvrir une épicerie éphémère pour commencer à travailler. «Actuellement, nous cherchons un local, de préférence sur Toulon, en raison de sa densité de population». En général, l'ouverture se fait assez rapidement. Quant à la réalisation du supermarché, la troisième étape, «cela peut prendre entre deux et trois ans». En attendant, on peut soutenir le projet en adhérant à l'association. Pour Patrick Issartier, le trésorier, «tous les soutiens sont les bienvenus». L'adhésion annuelle de 25 € permettra automatiquement l'accès au Groupement d'achats.

Le supermarché de Brooklyn, un modèle pour tous


Située dans Park Slope, un quartier de Brooklyn à New York, la Park Slope Food Coop (PSFC), est économiquement la coopérative la plus performante des Etats-Unis. Elle existe depuis 44 ans et compte 16 000 membres. Ceux qui ne sont pas adhérents ne peuvent y faire d'achats. En France, toutes les créations de magasin participatif s'appuient sur ce modèle. Alors que la désertification des grands centres commerciaux a déjà touché les Etats-Unis et que le phénomène arrive en France, le commerce local et alternatif semble avoir de beaux jours devant lui. En attendant celui de Toulon, chacun peut s'investir dans sa mise en route et donner un coup de main (approvisionnement, animation, informatique, gestion...). «Le premier point le plus difficile est de créer la culture du projet. Il faut que les coopérateurs se l'approprient».

Chantal Campana, le 15 mars 2017

Autres photos:

Au premier plan, Patrick Issartier, trésorier, derrière en partant de la gauche, Serge Vuillod, Dominique Tardy, présidente et Patricia Biasetti, membres du bureau. Lors de la présentation du projet, le 6 mars dernier, l'association a enregistré de nombreuses adhésions Plus qu'un slogan, un véritable concept
Au premier plan, Patrick Issartier, trésorier, derrière en partant de la gauche, Serge Vuillod, Dominique Tardy, présidente et Patricia Biasetti, membres du bureau.
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