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Le 12. octobre 2014 à 18h15

Six Fours Culture Quelles femmes !

Femmes artistes et femmes sur toutes les toiles dans cette exposition de la Maison du Cygne sur l’érotisme, « Eros malgré eux » avec Alexandra Stéfanakis, Valmigot, Olivia Moélo, Virginie Bomans et… Charles Chantemesse. Samedi 11 octobre, ils ont rencontré le public dans le cadre des "Rencontres avec l'artiste" organisées par le Pôle Arts Plastiques.

Valmigot  a demandé aux hommes ce qui les faisait fantasmer chez une femme : fumer le cigare arrive en première position.

Valmigot a demandé aux hommes ce qui les faisait fantasmer chez une femme : fumer le cigare arrive en première position.

Alors que l’exposition « Eros malgré eux » de la Maison du Cygne rentre dans sa dernière semaine Voir notre article, les artistes ont rencontré le public et la presse samedi 11 octobre.

Valmigot ou l’art de la citation


Dans ses œuvres, Valmigot prône une attitude jubilatoire au sexe. La femme se réapproprie le désir et est acteur de sa sexualité, ce que les jeunes font facilement selon elle. Valmigot mêle texte et peinture : vers d’une poète belge, pages de « Fifty shades of Grey » collées sur un mannequin, citation de Nietzsche sur une vieille valise : « L’érotisme, c’est quand l’imagination fait l’amour avec le corps ». « La toile rappelle la musicalité des mots », dit-elle. Chez elle, même Marilyn lit.

« Certains pensent que l’art contemporain commence avec Marcel Duchamp. » Valmigot lui rend hommage avec « The Queen of fountain » : la fille est certes belle, mais elle est en culotte, pas en string, elle est aux toilettes et elle ne porte pas de talons aiguilles, mais un chapeau melon, clin d’œil à la Sabrina de « L’incroyable légèreté de l’être » de Kundera. La reine des échecs rappelle que Duchamp adorait ce jeu. Autre hommage, à Magritte celui-ci : « Ceci n’est pas un ready made ». « Je m’amuse avec les codes et ceux qui les connaissent s’amuseront aussi ».

« Aïe ! », c’est ainsi que Valmigot voulait nommer le diptyque sur les préliminaires, mot qu’elle dit emprunter au langage des adolescents. On y voit une femme regarder goulûment une sucette, puis la croquer… Ses amis hommes l’ont découragée et il se nomme désormais « Miam ».

Virginie Bomans: Nus dans la ville


Virginie Bomans se considère « has been » dans sa pratique. Son érotisme s’oppose à la pornographie, même si, comme le fait remarquer un membre du public venu la rencontrer, la violence n’est pas absente de ses toiles. Dans ce travail d’il y a dix ans, elle situe ses nus dans des paysages urbains et des flux de circulation qui sont devenus le sujet de ses toiles actuelles. C’est à ce thème que sera consacrée sa prochaine exposition à la Maison du Cygne.

Alexandra Stéfanakis: Se faire réchauffer par l’art


Alexandra Stéfanakis s’y connaît en érotisme depuis qu'elle a été photographe de lingerie. Elle présente des photos de femmes jolies, fines, souvent d’anciens mannequins, d’ethnies différentes, qui ont choisi leur cadre, la seule contrainte étant qu’elles devaient montrer leurs seins. Elle a pris ces photos il y a quinze ans et a attendu de pouvoir les travailler en numérique dans un métissage entre photos d’art argentiques et nouvelles technologies. On reconnaît chez cette grande cinéphile le grain de la pellicule et l’inspiration d’« Emmanuelle », « Histoire d’O », Almodovar dans la soumission de la femme attachée.

Soucieuse d’écologie, elle s’est associée à des industriels pour utiliser des produits innovants. Son support métallique en Dibon est fait pour intégrer des radiateurs. En été, ils font de la lumière grâce à des LED à basse consommation . A la question « Pourquoi les photos de grandes fleurs ? », elle répond : « Il ne faut pas toujours dire la même chose de la même façon. Je déteste les étiquettes.»

Charles Chantemesse: « C’est trop sage ! »


Il y a ce que Charles Chantemesse expose et ce qu’il aurait aimé exposer : 200 tablettes en bois qui auraient formé un circuit. Il y en a 4. Y figure « tout ce que les femmes ont fait d’intéressant » : de Bécassine, Blanche neige, Cendrillon à Lady Gaga, dont les autres artistes de l’exposition. « J’aime m’infliger la contrainte de peindre sur 7 centimètres de large. »

Charles aurait voulu également présenter les 600 soutiens-gorges compactés qu’il a récoltés en 3 ans : « C’était mon éros à moi. Les soutiens-gorges sont naturels, jolis, provoquent de l’émotion et symbolisent la femme. J’ai été censuré, alors que je suis à l’origine de cette exposition et ai proposé les autres artistes. Ce qui est ici n’a rien à voir avec éros. Pour moi, c’est trop sage ! Je voulais m’échapper de la figuration narrative, mais j’y suis retombé ! » C’est ce que certains membres du public lui reprochent, et pas les plus jeunes d’entre eux. Une autre personne considère que, de par l’empathie et la douceur de ses œuvres, il n’est pas le moins féminin des cinq artistes...

Les canards d’Olivia Moelo


Olivia Moelo est basée à Sainte-Maxime et enseigne en collège. Son ironie et son humour ont ravi le public. A chacun de ses canards en résine et aluminium inspirés de sex-toys elle a donné un prénom: Caliméro bien sûr, mais aussi Marilyn, et souvent un moteur. « Ils sont inspirés de gens que j’ai rencontrés et évoquent les enfants bien sûr, mais être mère n’empêche pas d’être femme. »

A présent, elle confectionne, pour la journée de la femme de 2015, 3000 seins en laine pour l’association Skin, qui lutte contre le cancer du sein par l’image et aide les malades à se reconstruire par l’art en associant chaque femme malade à une artiste.

L'exposition de la Maison du Cygne fermera ses portes le 19 octobre.

, le 12 octobre 2014

Autres photos:

L’homosexualité selon Valmigot : croquer une « religieuse » en faisant le doigt d’honneur. Les canards d'Olivia Moélo. Les femmes aux seins nus d'Alexandra Stéfanakis.
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