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Le 18. février 2015 à 10h30

Sanary Théâtre Bel affrontement entre Francis Huster et Davy Sardou au Théâtre Galli

Pièce américaine de Bill C. Davis, traduite en français par Jean et Dominique Piat., "L'affrontement" fut créée et jouée par ce dernier et Francis Lalanne en 96, mise en scène par Stéphane Hillel.

Et la revoici, mise en scène par Steve Suissa avec deux autres comédiens : Francis Huster et Davy Sardou. Le sujet est on ne peut plus d'actualité et nos deux comédiens ont été applaudis debout dimanche dernier devant un Théâtre Galli bien plein. La pièce met face à face un vieux curé sanglé dans ses certitudes et un jeune diacre qui va les faire voler en éclats.

"C'est une pièce très "hollywoodienne", nous dit Huster, est toujours sur le fil ténu du rire et de l'émotion car l'un parle un langage qui date, l'autre a un franc parler qui n'est pas dans le droit fil de l'Eglise bien pensante". Et ça donne un échange entre ces deux vues de l'Esprit, chacun restant sur ses positions et semblant ne jamais devoir se rencontrer sur le même chemin.
Et pourtant !...
Joué tout en finesse, en émotion et avec beaucoup d'humour, nos deux comédiens "le vieux curé" Huster et je "jeune" diacre Sardou sont absolument éblouissants et la pièce va très loin dans la pensée d'hier et d'aujourd'hui sur la religion.

Etre ancré dans son temps


Auparavant, nous avions pu rencontrer nos deux comédiens qui sont dans une osmose totale à la scène comme à la ville. Acteur, réalisateur, metteur en scène, scénariste, écrivain, Huster est, on le sait, un comédien de génie qui sait et peut tout jouer, même si, quelquefois, il nous offre des mises en scène singulières.
"Je crois qu'il faut être ancré dans son temps. Si le théâtre veut évoluer il faut que ses comédiens prennent exemple sur les acteurs de cinéma, ils doivent être naturels et ne plus être grandiloquents. Le théâtre est un peu un aquarium où le soleil ne vient pas. Il n'y a rien d'improbable, tout est réglé au détail près et pour retrouver le sel de la vie, l'acteur de théâtre doit réinventer la vie. Il faut que le public voit une représentation qu'il ne reverra jamais.Aujourd'hui, ma motivation est de jouer des pièces qui sont reliées aux problèmes de la vie, qui bouleversent la vie, qui touchent les gens. Ce peut être comique, comme "L'affrontement" au théâtre ou "Qu'est-ce que j'ai fait au Bon Dieu ?" au cinéma. Ce sont des sujets actuels, universels. C'est ce vers quoi je veux tendre".

Jeune comédien avec déjà deux Molière à son actif (Celui de jeune talent en 2011 pour "Le nombril" et celui de meilleur second rôle masculin pour justement "L'affrontement" en 2014), Davy est un surdoué qui joue avec une aisance de vétéran.
"Nous avons - nous confie Francis - deux tempéraments différents. Moi je joue à la volée, je monte au filet, je suis imprévisible. Davy, lui, c'est Borg : il attend et il agit selon ce que je fais. Et c'est pour ça que le couple fonctionne. Davy a du génie. Il fait partie de cette race de grands acteurs comme Balmer, Spiesser qui attendent et qui foncent...

Remise en question et confiance en soi...


Davy, deux Molière, quel effet ça fait ?
"C'est encourageant. Evidemment, on ne fait pas ce métier pour recevoir des prix mais on cherche toujours à être adoubé, d'abord par le public et puis par le métier. C'est donc une reconnaissance des gens qu'on admire et c'est une belle motivation pour continuer et surtout se remettre en question car dans ce métier, on doit sans cesse se remettre en question pour avoir confiance en soi. Confiance qu'on acquiert avec les années, avec les réussites, avec les échecs".
Francis, en tant que comédien et metteur en scène, comment réagis-tu lorsque tu n'es "que" comédien ?
Un comédien ne joue pas seul. Il y a les partenaires et le metteur en scène. C'est comme dans un orchestre : même s'il y a des virtuoses, ils doivent savoir où il vont et c'est le chef d'orchestre qui le leur dit. Ce dernier n'est pas là pour leur dire comment jouer mais pour les canaliser et pouvoir jouer avec les autres.
Le metteur en scène, c'est le directeur de l'âme car il peut ne pas connaître l'auteur, il connaît les acteurs et sait où il veut les faire aller. Donc, lorsque je suis acteur, je ne suis "qu'acteur".
Davy, vous avez joué avec vote père, Michel Sardou et Romain, votre frère, écrit des romans. N'avez-vous jamais pensé à être réunis tous les trois ?
Evidemment que nous y pensons et ce serait un moment formidable. On en a déjà parlé et on en a très envie. Mais on veut attendre d'avoir un vrai sujet et lorsque cela deviendra une évidence pour tous les trois, nous le ferons !"

En attendant, ces deux-là forment un duo magnifique et durant six mois, ils vont parcourir les scènes de France en s'affrontant dans un duel sans merci où beaucoup de choses sont dites sur un sujet on ne peut plus d'actualité : la foi et la religion.

, le 18 février 2015

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