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Le 19. avril 2010 à 18h20

Sanary Culture Sur les traces des artistes exilés

Lundi, la commune a accueilli un groupe d'étudiants de l’Université d’architecture de Muttenz (Suisse). Un atelier a été ouvert par l’association "Passage & Co" sur ces éxilés allemands qui ont fui leur pays livré aux Nazis.

Les étudiants suisses ont assisté à un exposé d'Hervé Monjoin. A ses côtés Sabine Günther

Les étudiants suisses ont assisté à un exposé d'Hervé Monjoin. A ses côtés Sabine Günther

De 1933 à 1945, de nombreux allemands et autrichiens vinrent en exil sur la commune, et pas des moindres : Lion Feuchtwanger, Klaus Mann, Wilhem Herzog, Walter Bondy, Thomas Mann…Et si l’on intègre d’autres artistes non exilés mais pas moins célèbres comme Aldous Huxley qui y écrivit « le meilleur des mondes » (1931), la commune peut s’ennorgueillir d’un passé prestigieux. Pour en revenir aux exilés, de nombreux artistes quittèrent l’Allemagne après l’accession d’Hitler au pouvoir (1933) et se réfugièrent en France. Diverses études existent sur le sujet, et pour l’instant le chantier de la recherche demeure ouvert dans la mesure où tous les exilés n’ont pas été répertoriés. Cette histoire est présente dans les rues de la ville, la municipalité ayant posé des plaques en plexiglas sur les murs des villas où ont séjourné les exilés. Cette histoire intéresse beaucoup les Allemands, et Sabine Günther, responsable de projet pour l’association "passage & co" nous disait que Sanary était très connue en Allemagne. Voilà de nombreuses années que cette ancienne journaliste passionnée s’intéresse à la question des exilés et invite les étudiants à leur découverte. Depuis février, en collaboration avec la commune, elle a pu amener des étudiants allemands à Sanary pour des ateliers.

Des étudiants suisses
découvrent l’histoire des exilés


L'association Passage & Co, « Échanges culturels franco-allemands en Europe » se consacre depuis trois ans, dans le cadre de son projet multimédia "Plan d’Exil" au développement de nouvelles pratiques de sensibilisation et de création auprès des jeunes européens. Il s'agit de découvrir cette histoire, tout en lançant un pont vers le présent, comme, par exemple, les exilés d’aujourd’hui placés en centre de rétention. Sabine Günter, était déjà venue en février avec un groupe d’étudiants et reviendra en juillet prochain. Lundi matin, les étudiants suisses étaient réunis salle Marie Mauron. Les services culturel et des archives avaient mis à disposition la salle et des panneaux d’exposition répertoriant et présentant les exilés célèbres s’étant arrêtés à Sanary. Hervé Monjoin, du service du Patrimoine, fit un exposé intéressant sur le sujet, soulignant que « certaines villas existent toujours mais on ignore encore la localisation de quelques-unes comme la Villa Verte. À l’époque l’administration était moins rigoureuse ». Il rappela également que la commune avait accueilli de nombreux colloques, citant notamment celui autour de l’œuvre de « Lion Feuchtwanger et des exilés de langue allemande de 1933 à 1941 » en 2005. 40 universitaires internationaux étaient présents.
Il s’agit d’une histoire richissime qui peut encore être le sujet de nombreuses études. Pour l'anecdote, un professeur suisse présent discuta avec Hervé Monjoin, et lui apprit que le capitaine Bilbo, un exilé allemand vivant sur sa péniche à Sanary, bien connu des vieux sanaryens, avait écrit un livre. Il n'est pas le seul: plus d'une centaine d'ouvrages en français ou en allemand (sans compter les oeuvres) sur ce thème sont consultables à la Médiathèque et, depuis 2004, la ville a publié un ouvrage intitulé « sur les pas des allemands et des autrichiens en exil à Sanary de 1933 à 1945 » en trois langues (ouvrage disponible à l'Office du Tourisme).

Sur les traces des exilés
au programme de l'après-midi


L’association « passage&co » avait prévu un jeu de piste, avec un parcours mis en place par la municipalité, pour l’après-midi dans les rues de la ville menant aux maisons des écrivains. Les étudiants devaient lire également des extraits de textes d’exils comme celui de Thomas et Katia Mann, tiré de « lettre de Sanary à A.Frey » (juillet 1933) :
« La chaleur estivale est ici à son comble, pourtant elle n’est jamais insupportable, car il y a toujours un peu de vent, et les soirées sont rafraîchissantes…je fume mon cigare, regarde les étoiles et songe à l’étrangeté de la vie ».
Pour plus d’informations : http://www.passage-co.com

D.D, le 19 avril 2010

Autres photos:

Des plaques sont apposées sur le mur des villas La rencontre aura duré près d'une heure C'est devant la Maison du Tourisme
Des plaques sont apposées sur le mur des villas