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Le 14. février 2012 à 17h39

Sanary LGV La LGV PACA fait toujours débat

L'association Stop LGV Sanary a organisé une grande réunion publique lundi soir, et s'interroge sur la poursuite des études de Réseau Ferré de France sans qu'aucun des acteurs n'y soit désormais associé.

Le collectif Stop LGV Sanary a tenu une réunion d'information au Théâtre Galli lundi soir. Au micro le président Michel Lieutaud.

Le collectif Stop LGV Sanary a tenu une réunion d'information au Théâtre Galli lundi soir. Au micro le président Michel Lieutaud.

Initialement prévue au Petit Galli, la réunion d'information sur la LGV PACA organisée par l'association Stop LGV Sanary (qui fait partie du collectif Stop LGV Sud Sainte Baume) a dû prendre ses quartiers au Théâtre devant l'affluence de personnes, ce qui démontre que le sujet inquiète toujours autant. Environ 400 personnes avaient en effet fait le déplacement et se sont retrouvées en présence de plusieurs élus dans la salle.
Le président Michel Lieutaud avait programmé une réunion volontairement pédagogique avec les interventions de Delphine Van Hoorebeke (maître de conférence) sur les conséquences économiques de la construction d'une ligne LGV, d'Olivier Thomas (inspecteur des finances publiques) sur le montant très élevé de ce projet ou encore Olivier Lesage du collectif Stop LGV Coudon sur les nuisances sonores.
La réunion a débuté par une intervention de Michel Lieutaud rappelant que "notre mouvement a rassemblé plus de 15.000 signatures" et de souligner les soutiens des élus avec la fameuse motion. Ensuite Pierre Vuillemin est revenu sur l'historique du projet et à cette date importante du 22 décembre où le préfet de Région a décidé d'arrêter "la concertation": "il faut savoir que Réseau ferré de France continue de réaliser ses études en n'y associant désormais personne, et on ne saura rien avant juillet. C'est pour cela que nous allons demander au préfet du Var qu'une réunion avec le collège des acteurs soit mise en place afin d'avoir des informations sur les études en cours". Et de souligner des points importants: "pour l'instant nous n'avons aucun écrit sur le fait que le fuseau C5 serait abandonné, il y est juste question de l'abandon du passage dans les vignobles de Bandol et de l'abandon de la gare Toulon Est". Tout cet exposé montra les nombreuses incertitudes, la nécessité de rester mobilisés et surtout le danger que la LGV se fasse sans le consentement des élus et en ayant recours au financement privé.
Autre point abordé, les nuisances sonores durant le chantier et après l'éventuelle installation de la LGV: les membres de l'association parlent d'arnaque: "les mesures de bruit pour RFF sont établies sur la norme LAeq qui se fonde sur la moyenne de l'ensemble des passages des trains sur la période de 6h à 22h, en indiquant que "la règlementation actuelle n'est pas basée sur les bruits de pointe".
Il fut aussi question du coût: déjà les études atteignent les 221 millions d'euros, sachant qu'il reste encore 86 millions à payer. Et les travaux étaient estimés en 2008 à près de 20 milliards. Qui paiera la facture? Etat, collectivités...et au bout le contribuable.
Autre préoccupation, le Grenelle de l'environnement: le projet ne répond nullement à certains axes comme l'amélioration des performances énergétiques du système de transport, et on imagine mal que la promesse sera tenue pour l'amélioration et la rénovation des lignes TER. De même le scepticisme règne sur la création d'emploi localement, les grandes entreprises de BTP amenant leurs ouvriers, ou sur l'impact économique, la présence d'une LGV n'étant pas un argument suffisant pour l'implantation d'entreprises.
Chiffres à l'appui, en reprenant des études de Réseau Ferré de France, l'argumentation de l'ensemble des intervenants a été précise, et la conclusion est sans appel sur l'utilité même d'une Ligne à grande vitesse: "des milliers d'hectares seront détruits, des coupes géologiques, écologiques et faunistiques irrémédiables seront effectuées, des milliers de riverains subiront les nuisances sonores...".
Malgré les inquiétudes et les vives contestations, RFF n'a pas changé son calendrier: De 2012 à 2014, définition du programme complet de l'opération à soumettre à l'enquête d'utilité publique à savoir une bande de passage d’environ 500 m de large et son programme de travaux associé , les aménagements de la ligne existante, le programme des gares nouvelles et des aménagements des gares existantes...
Puis viendra l'heure de l'enquête d'utilité publique, le lancement des travaux en 2018 et la mise en service programmée pour 2023.
Ainsi l'association va poursuivre les réunions d'information et appelle particuliers et associations à se réunir au sein du collectif transformé en association Stop LGV Sanary. Toutes les informations relatives à l'action de l'association et sur la LGV sont sur le site: http://stoplgvsanary.fr

D.D, le 14 février 2012

Autres photos:

Initialement prévue au Petit Galli, la réunion s'est finalement tenue dans la grande salle. Ici Olivier Thomas.
Initialement prévue au Petit Galli, la réunion s'est finalement tenue dans la grande salle.