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Le 23. mai 2014 à 13h00

Politique Mireille Peirano: "Ne pas voter, c'est laisser les autres voter à notre place"

Nous avons rencontré Mireille Peirano, l'une des personnalités locales figurant sur la liste PS des élections européennes. C'est également en tant que première Secrétaire Fédérale du Parti Socialiste du Var et Vice-présidente du Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’Azur avec pour délégation la mer, la pêche et le littoral, qu'elle a bien voulu répondre à nos questions.

Philippe Comani et Mireille Peirano

Philippe Comani et Mireille Peirano

Au vu du nombre considérable de listes (23) présentées aux élections européennes pour la circonscription Sud-est, nous avons interviewé deux élus impliqués dans la vie locale et figurant sur ces listes, l'un, Frédéric Boccaletti, "euro-sceptique", l'autre, Mireille Peirano, "euro-confiante"

Premier argument de Mireille Peirano à l'adresse des abstentionnistes: « Ne pas voter, c'est laisser les autres voter à notre place.»
Deuxième et troisième arguments pour les euro-sceptiques: « Voter pour une majorité nationaliste serait honteux pour la France. Et être en tête des pays européens qui votent « contre » en choisissant les partis qui s'en prévalent n'empêchera pas l'Europe de tourner. »  

«Demandons-nous plutôt ce que fait l'Europe pour nous»


Au fond, Mireille Peirano préfère argumenter sur ce que fait l'Europe pour nous et sur ce qu'elle peut faire encore. Et pour exemple, elle cite le soutien financier de l'Union Européenne, pour la Banque Alimentaire, les Restos du Cœur et plus près encore, pour Chateauvallon...
Elle avance aussi cette garantie que nous avons désormais de ne pas revenir sur les acquis étendus à tous les pays de l'UE comme le droit à l'IVG et la contraception, ou la laïcité, l'abolition de la peine de mort, la fin des grandes dictatures et la paix : « Heureusement que l'Europe est là pour peser dans les conflits naissants comme celui qui oppose aujourd'hui une partie de l'Ukraine à la Russie! » s'exclame-t-elle.

Pour la vice-présidente de région le sujet n'est pas de voter 'pour' ou 'contre' comme on l'entend de ci de là mais de choisir notre Europe » en fonction des affinités politiques qui nous ressemblent. « L'ensemble des institutions de l'UE sont tenues par la droite qui n'est pas portée naturellement vers les mesures sociales. Un parlement à gauche consacrerait plus de budget au social, à la croissance et à la jeunesse européenne qu'aux banques» assure--elle

«L'Europe, c'est la solidarité des peuples»


Pour Mireille Peirano, l'Europe est aussi fondée sur des valeurs de solidarité et, selon elle, dire que la France ne bénéficie pas de ses aides et ne fait que payer est une contre vérité. Elle donne pour exemple le secteur de l'agriculture: «notre pays traditionnellement agricole reçoit de l'UE la plus grosse part du gâteau et tout cela préserve notre identité. Dans d'autres secteurs ce n'est pas le cas. L'argent doit être mis dans le pot commun pour être redistribué selon les besoins de chaque pays, c'est cela la solidarité. »

L'Europe, à deux pas de chez nous


Et si certaines mesures prises au Parlement européen nous semblent bien éloignées de nos préoccupations premières, Mireille Peirano balaye l'argument en insistant sur le fait que toute loi votée a forcément une incidence non négligeable sur notre quotidien immédiat.
Plus localement cette fois-ci, elle cite les nombreuses subventions accordées par l'UE dans la région Sud-Est et même, au pas de notre porte: «l'appel à projet européen sur les énergies renouvelables et ses 34 millions alloués pour la recherche et l'implantation d'une ferme éolien offshore flottant qui va voir le jour à Fos-sur-mer en est la plus simple démonstration. Développer cette industrie permettra d'exporter ensuite cette nouvelle technologie.» Et de citer encore la défense de notre patrimoine gastronomique avec l'interdiction de couper le vin blanc avec du rouge pour produire du rosé : « L'UE n'est pas sourde aux arguments locaux, notre identité est prise en compte .»

Crise de confiance?


La campagne semble bien aphone. Mireille Peirano et Philippe Comani (PS Six-Fours) constatent qu'elle se 'nationalise' à tort et que les électeurs continuent, comme pour les municipales, de régler leurs comptes avec le gouvernement. Le résultat du scrutin sera-t-il encore une fois l'expression d'une crise de confiance vis à vis des politiques, de quelque bord qu'ils soient, qui se matérialisera par une abstention record?

Qu'avons nous voté en 2009?


Pour mémoire, le taux de participation aux élections européennes de 2009 était de 40,5% en France. Sur les 72 sièges français, 29 étaient revenus à la droite, 14 aux socialistes, 14 aux Verts, 6 au parti démocrate, 5 au Front de gauche et 3 au FN.

A.I, le 23 mai 2014