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Le 26. décembre 2012 à 18h50

Le Brusc Eco Echos Pas la fin du monde, mais bien la fin d'un monde

Bientôt les fidèles bruscains ne verront plus Robert Canolle, qui a mis en vente sa boucherie-charcuterie. A 70 ans, il a décidé d'arrêter, et il devrait partir entre le mois de janvier et le printemps.

Un dernier trait d'humour...

Un dernier trait d'humour...

C'est en 1940 qu' Armand Canolle reprend cette boucherie, et son fils Robert qui œuvrera plusieurs années à ses côtés lui succédera officiellement en 1974. D'une nature entière, à l'humour souvent sarcastique, son franc-parler manquera à beaucoup, tandis que d'autres seront peut-être heureux qu'il prenne sa retraite, car Robert n'est pas toujours tendre. On se souvient de sa décoration du sapin de Noël de la placette avec des PV et de plusieurs messages acerbes remettant en cause "le cirque médiatico-politique" autour de la disparition de Patrick Ricard. Bref, Robert n'a pas que des amis, mais il fait partie de ses anciens qui ont vu évoluer "leur village" et qui ont surtout oeuvré pour l'animer. Car il faut se souvenir de sa prise de position à l'époque du maire Estève lorsque la grue des pêcheurs menaçait de disparaître et de son action au sein du CLAB dans les années 90...

Une sortie teintée d'amertume


Il se qualifie volontiers "d'inadapté social": "je ne me sens plus en phase avec la société d'aujourd'hui. Tout le tissu social s'est étiolé, les gens en veulent toujours plus tout en faisant des économies. Ça ne les gêne pas pour autant d'acheter plusieurs maisons, plusieurs voitures, c'est le règne de l'argent-roi". Car s'entendre souvent dire qu'il "était trop cher" l'a quelque peu fatigué: "avant entre boutiquiers on se faisait travailler. Par exemple, j'achetais mon pain chez le boulanger qui venait chez moi, j'appelais le plombier qui se servait chez moi... Tout cela a disparu, aujourd'hui chacun regarde midi à sa porte, mais je comprends aussi que pour certains le contexte économique n'est pas génial, et d'une certaine manière les hypermarchés nous ont fait beaucoup de mal".
Pour Robert, l'argent n'aura pas été un moteur mais un moyen de mettre les siens à l'abri: "ce que j'aimais dans ce métier c'était la rencontre, le contact humain". S'il a décidé d'arrêter aujourd'hui c'est sans regret: "je ne suis plus tout jeune, et je n'en ai plus envie".

Un nouveau commerce?


A sa place il y aura toujours une boucherie-charcuterie mais la date de reprise n'est pas encore actée, cela se fera au plus tard d'ici le printemps. C'est donc bien la fin d'un monde, une page qui se tourne dans "le village". Désormais il faudra s'habituer à ne plus entendre de musique sur la placette, ou à ne plus s'amuser à lire les mots de Robert. Lui restera au Brusc et se partagera entre la lecture et son bateau.

D.D, le 26 décembre 2012

Autres photos:

Robert Canolle vend sa boucherie-charcuterie. L'intérieur de la boucherie, entre articles et dessins.
Robert Canolle vend sa boucherie-charcuterie.