Skip Navigation LinksOuest Var > Actualité > La Seyne sur Mer > Carole Magnier : "Une" ingénieur à Ifremer
Le 17. mars 2015 à 13h37

La Seyne Portrait Carole Magnier : "Une" ingénieur à Ifremer

A l'occasion de la Journée Internationale de la Femme, l'Ifremer avait mis en exergue cinq femmes scientifiques dont Carole Magnier. Portrait d'une femme ingénieur de l'ouest varois.

Chercheuse, ingénieure, technicienne, toutes exercent leur métier à l'Ifremer avec passion et encouragent les jeunes femmes qui souhaitent se lancer dans un parcours scientifique. Les femmes sont sous-représentées dans les carrières scientifiques. Dans le monde, moins d'un chercheur sur trois est une femme. Elles ne sont que 27 % dans les écoles d'ingénieur en France.

L'Ifremer mène une politique volontariste en matière de mixité. Deux accords successifs sur l'égalité professionnelle ont été signés en 2008 et 2011. Les femmes représentent 44 % des effectifs de l'Ifremer (contre 34 % en 1990) et en 15 ans, le pourcentage de femmes dans l'effectif total des cadres est passé de 19 % à 36 %.
Sur les cinq femmes, l'une était à Ifremer Nantes, 3 à Ifremer Brest et l'une des cinq travaille à Ifremer la Seyne .Elle se nomme Carole Magnier. Cette de 32 ans est ingénieur mécanique. Jeune, belle , intelligente... Si, si... Ça existe. La preuve !

Carole, tout d'abord que doit-t-on dire en parlant de vous : ingénieur, ingénieurE ou ingénieur femme ?
(Elle rit)... Entre nous, je n'en ai aucune idée et je vous avoue que ça ne me préoccupe pas du tout !

Racontez-nous votre parcours et expliquez-nous ce titre que vous avez : ingénieur mécanique unité systèmes sous-marins... !
J'ai passé un bac S tout à fait classique puis je suis passée en prépa et suite à un concours j'ai intégré l'Ecole d'Ingénieurs de Marseille. En option 2ème et 3ème année, grâce à mes professeurs, j'ai appris à aimer la mécanique, passé un master en recherche mécanique des matériaux et structures et en parallèle, présenté une thèse en bio-mécanique sur la dégénérescence des disques inter latéraux !

D'accord, on n'en demandera pas plus !... Alors ?
Je me suis rendu compte que la recherche ne me correspondait pas vraiment et j'ai dévié vers le milieu ingénierie. J'ai passé quatre ans dans une entreprise spécialisée dans le nucléaire avant d'entrer à Ifremer la Seyne, voici deux ans.

On dit que ce sont des métiers d'hommes...
Je ne sais pas pourquoi on dit ça, même si, aujourd'hui, la majorité des personnes exerçant ce métier sont des hommes. Ce n'est pas un métier de force, je pense que c'est un problème culturel dû à une éducation stéréotypée et que les jeunes filles n'osent pas se présenter dans ce genre de métier. Cela dit, il y a quand même 30% de femmes qui l'exercent.

Parlez-nous de tous ces "yelow submarines" qui nous entourent !
Vous avez le Nautile qui a environ 30 ans, qui peut aller jusqu'à 6.000 mètres de profondeur, qui explore les fonds sous-marins pour les filmer, y faire des prélèvements, des mesures.
Il y a Astérix et Idéfix, deux engins autonomes qui ont pour mission de récupérer toute une foule de mesures acoustiques. Il y a encore le Victor 6.000. Tous sont faits pour les mêmes choses à des niveaux différents.
L'Ariane est le dernier né... la dernière-née devais-je dire, puisqu'un prénom de femme a été choisi ! Il peut aller jusqu'à 2.500 mètres de profondeur. Il est équipé de capteurs qui permettent toutes sortes de mesures. Il est conçu pour récupérer des sédiments, de la faune, de la flore, en fait, tout ce qu'on peut trouver sous l'eau. Il est muni d'une caméra, d'un appareil photo avec lesquels on peut créer une mosaïque regroupant des photos en trois D donnant un schéma précis des fonds sous-marins.

Tous ces engins sont donc transportés par des bateaux...
Oui, vous avez ici l'Europe et le Suroît.
L'Europe est un navire côtier et le Suroît un navire hauturier. Ils transportent les sous-marins sur les zones d'intérêt pour des missions scientifiques diverses.
Par exemple, dans les années 80, en collaboration avec les Américains, le Suroît est parti avec le Nautile et des ingénieurs et des scientifiques, pour localiser l'épave du Titanic, en fonctions des données historiques, des courants marins. pour récupérer un certains nombre d'éléments.

En dehors du Nautile, trop vieux pour que vous ayez travaillé dessus, considérez-vous tous ces engins comme vos bébés ?
Tout à fait et c'est même très émouvant de les voir naître, grandir, évoluer. Lorsqu'ils sont endommagés on est attristé. C'est vrai, il y a un lien affectif qui se noue.

Vous êtes déjà bien occupée mais avez-vous des projets qui vous tiennent à cœur ?
J'ai envie de continuer ce que j'ai commencé et que j'aime faire, c'est-à-dire dimensionner les engins, après, j'aimerais prendre un peu plus d'importance sur des projets et mener des projets plus importants...

Belle ambition, belle démarche, et belle rencontre avec une femme qui sait ce qu'elle veut, ce qu'elle aime et qui le fait avec passion.

, le 17 mars 2015

Autres photos: