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Le 2. mai 2017 à 10h09

La Seyne Patrimoine Belle cérémonie pour la journée nationale de la déportation

Défilé, cortège et nombreux discours, témoignages ont étayé cette journée du souvenir en présence de personnalités, d’intervenants et d’un large public.

Pour cette journée d’honneur, le rassemblement fut prévu Porte de la Rotonde au Parc Navale de la Seyne, suivit d'un défilé jusqu’au monument aux Morts. Le cortège se composait de la clique de l’USS, des porte-drapeaux des Anciens Combattants, du comité de coordination des Anciens Combattants, de Marc Vuillemot maire de la Seyne, de Christian Pichard adjoint et délégué aux Anciens Combattant, le Conseil Municipal, les autorités présentes, le capitaine de Corvette Patrick Faugere, du maître de cérémonie Guy Juraver du Comité de Coordination des associations d’anciens combattants et Victimes de guerre, la philharmonie « La Seynoise ».

Discours de Jacqueline Bonnifay


Le maître de cérémonie, Guy Juraver a donné la parole à Jacqueline Bonnifay présidente départementale de la Fédération Nationale des Déportés Internés Résistants et Patriotes. Elle a ouvert la cérémonie avec un discours rempli d’humanisme sur cette tragédie, reconnue le courage de ces êtres que l’on a voulu déshumaniser, a souligné l’importance du souvenir et devoir de mémoire et recommandé de redoubler d’attention face à la montée du racisme et les dangers qu’il peut engendrer, reconnue la souffrance d’un peuple du Moyen-Orient qui fuit la guerre et ses horreurs et demande une grande vigilance pour ne pas revivre cela, se souvenir que la France c’est: Liberté, Egalité, Fraternité.

La résistance


Cette année, le lycée Langevin en les personnes de trois étudiantes, Pricille Delaporte, élève de première et deuxième prix travaux collectifs du concours national de la Résistance et de la Déportation, Elodie Corce et Amélie Costa lycéennes de terminale S1, premier prix ex-aequo travaux collectifs du concours national, ainsi que leur professeur d’histoire et français Mme Pascal Cruz, a participé à cette journée nationale de la déportation. Accompagné par Michel Magnaldi, délégué Départemental de la Fondation de la France Libre, Pricille Delaporte et Amélie Costa ont chacune partagé une lecture. La première, fut une lettre de François Cuzin, premier au concours de l’Ecole Normale Supérieure et nommé à Toulon. Il rejoint les forces françaises de l’intérieur et participe à la direction des mouvements unis de la Résistance sous l’égide de la France Libre. Il tombera dans un guet-apens monté par les Allemands à Oraison en 1944 et sera fusillé avec 28 résistants à Signes. Cette lettre était adressée à Jérôme Carcopino, secrétaire d’état à la jeunesse et l’éducation, directeur de Normale Sup, membre du gouvernement Darlan de collaboration du régime de l’état français du Maréchal Pétain. François Cuzin y montrait son refus d’exclure des camarades d’étude au concours d’agrégation sous prétexte qu’ils étaient juifs. La deuxième lecture fut celle du sultan du Maroc Mohamed V, sous protectorat français, qui s’opposa aux désidératas du commandant en chef de l’armée française, le général Nogués, qui représentait le Maréchal Pétain, d’appliquer la loi contre les juifs marocains en déclarant « je refuse de m’associer à une mesure que je désapprouve et tiens à vous informer que, comme par le passé, les Israélites resteront sous ma protection, ce sont des sujets loyaux ». Il rétorqua au général qui avait commandé 200 000 étoiles jaunes pour les Juifs du Maroc, qu’il en faudra une cinquantaine de plus pour lui et sa famille. (Dépêche retrouvée dans les archives du ministère des affaires étrangères). A l’issue, la philharmonique exécute le « Chant des Marais ».

Le mot du maire, droit dans ces convictions face aux résultats des élections de sa commune


« Nous sommes rassemblés aujourd’hui pour nous souvenir et rendre hommage aux victimes, à ceux qui ont sacrifié jusqu’à leur vie pour combattre le nazisme. Nous sommes rassemblés pour combattre ceux qui réfutent les évidences factuelles, ceux qui entretiennent un terreau de haine et d’exclusion. Nous sommes rassemblés parce que les replis nationalistes à l’œuvre en Europe, aux Etats-Unis, le Brexit, sont des signaux alarmistes. Nous sommes rassemblés parce que ce n’est pas ce qui rassemble qui importe à de trop nombreuses personnes, mais ce qui différencie. Nous sommes rassemblés parce que notre société, devenue plus dure, plus indifférente et plus égoïste, nous inquiète. Nous sommes rassemblés parce qu’une infime partie de la population accapare l’essentiel de la richesse produite au détriment de populations entières. Nous sommes rassemblés parce que la Grande Histoire nous enseigne que l’inquiétude des peuples peut devenir dévastatrice. Ces indicateurs doivent nous ouvrir les yeux, avertis de l’Histoire, nous ne devrions pas céder aux manipulations mais les démasquer ! Ne baissons pas les bras et réaffirmons, avec force et conviction, que nous défendons une France laïque, où la liberté de conscience, la liberté de penser et la liberté d’exprimer des opinions dans le respect des lois est inscrite dans la Constitution. Vive l’amitié des peuples de l’Europe et du Monde ! » Et, de donner un petit rappel historique de la mise en place d’Hitler par le peuple.
Puis vient le « chant des partisans » de la philharmonie, suivit du dépôt de gerbes, la première par Sandra Torres et Jean-Pierre Collin, et celle de la ville par Marc Vuillemot et Jacqueline Bonnifay. La clique de l’Union Sportive de la Seyne (USS) a joué la sonnerie aux morts et la philharmonie la Marseillaise reprise par le public. Les autorités ont salués les portes-drapeaux. Cette belle cérémonie du souvenir a pris fin.

Monique Amann, le 02 mai 2017

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