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Le 17. octobre 2017 à 09h34

La Seyne Société Art et sciences au centre Mandela

La recherche fondamentale à la portée du grand public grâce à la passion et les explications de deux intervenants aux compétences et approches différentes.

Quand les particules créent du lien


C’est au centre culturel et social Nelson Mandela que Vincent Bertin et Laurent Mulot ont présenté leurs travaux sur le neutrino. L’un est scientifique et l’autre est artiste, mais la passion est commune. Laurent Mulot travaille en résidence à la Seyne depuis le mois de janvier, en collaboration avec l’école des beaux-arts, des lycéens et vous pouvez suivre son travail à la Galerie le Pressing à la Seyne. Vincent Bertin est chargé de recherche au CNRS, physicien au centre physique des particules de Marseille (CPPM) et responsable de l’équipe travaillant sur les télescopes à neutrinos sous-marins Antarès. Il a donc pu répondre aux nombreuses questions du public présent sur cette particule « fantôme » qui pourtant existe bien et comme il l’indique « est la plus abondante dans l’univers et pourtant la plus méconnue ».

Qu’est-ce qu’un neutrino ?


C’est une particule élémentaire. Sa masse est presque nulle. Elle est si petite qu’elle peut traverser la terre sans même percuter un atome. Les neutrinos sont partout, sans le savoir nous sommes traversés chaque seconde par des millions de ces particules, provenant de l’intérieur de la terre, du soleil ou de régions de l’univers plus lointaines. Et ce qui est très intéressant, c’est que ne possédant pas de charge électrique et ayant une masse toute petite, ils ne sont pas déviés au cours de leur trajet dans l’espace, ce qui est fort utile lorsque l’on veut localiser leur source.

La Seyne au cœur d'un projet européen


Le détecteur Antarès est un télescope d’un genre nouveau installé depuis quelques années au large des Sablettes, par 2500m de profondeur et c’est un câble d’une quarantaine de kilomètres qui relie l’installation à la villa Tamaris Pacha où les scientifiques peuvent récupérer et analyser les données. Il existe seulement 3 installations de ce genre au monde : une russe dans le lac Baïkal et une américaine (la plus importante) sous la glace du pôle sud.

Une fenêtre sur l’univers


Ce dispositif cherche à détecter ces neutrinos de haute énergie émis par les cataclysmes de l’univers. Les yeux des télescopes sous-marins aiment l'obscurité. C'est pour ça qu'ils s'installent par plusieurs milliers de mètres de fond, là où aucune lumière ne filtre. De quoi capter la lumière bleutée émise par les neutrinos lorsqu'ils percutent le fond de la mer. L'installation permet aussi à d'autres acteurs d'étudier les fonds marins, prévenir des séismes et exploiter d’autres applications sous-marines.

Les enjeux


Étudier ces rais de lumière permet de calculer la trajectoire des neutrinos et donc leur origine. Le but est donc de sonder les mystères des premiers instants de l’univers. L’étude de ces particules pourrait également permettre d’en savoir plus sur la matière noire de l’espace, cette « masse manquante » qui intrigue tant les scientifiques.

Pour ce faire, un nouveau projet colossal à la suite d'Antarès et de longue haleine est en cours de mise en œuvre toujours à la Seyne, nommée KM3NeT (kilomètre cube Neutrino Télescope). A suivre donc.

F.Hochart, le 17 octobre 2017

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