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Le 13. janvier 2010 à 23h40

Le Brusc Archipel des Embiez La lagune du Brusc a justifié l’adhésion du site au programme Natura 2000

La lagune du Brusc est la zone la plus importante du site Natura 2000 du même nom. A ce jour la lagune est bien protégée. Les protagonistes ont débattu des mesures à mettre en œuvre pour que les arrêtés déjà existants soient mieux respectés.

Réunion de concertation : « Lagune du Brusc »

Réunion de concertation : « Lagune du Brusc »

La phase de réflexion en vue de l’élaboration du tome II du DOCOB (document d’objectif) concernant le site dit de la « Lagune du Brusc » continue. Le site englobe tout l’archipel des Embiez, des réunions de travail avaient déjà eu lieu sur les zones à hauts fonds et sur les activités de pêche. Cet après midi l’Institut Paul Ricard, animateur du projet, la municipalité et les associations concernées se sont réunis pour débattre des mesures à prendre au niveau de la lagune du Brusc elle-même.

La lagune du Brusc est la zone
la plus importante du site


Elodie Rouanet, scientifique à l’IOPR (Institut Océanographique Paul Ricard), plante le décor en soulignant l’importance de la lagune du Brusc. C’est en effet de la lagune que le projet est parti, le périmètre de Natura 2000 ayant été élargi par la suite. Après une présentation détaillée des différents habitats présents dans la lagune ainsi qu’un rappel des objectifs (Restaurer les habitats, Protéger le récif barrière, informer et sensibiliser ...), Elodie Rouanet présente les arrêtés municipaux et préfectoraux actuellement en vigueur sur le plan d’eau : « L’ensemble du plan d’eau est interdit au piétinement et à la navigation que ce soit avec des engins à moteur ou des engins de plage à l’exception des kayaks ». Une bande dans la partie nord-est de la lagune n’est pas soumise à cet interdiction et fait l’objet d’une AOT (Autorisation d’Occupation Temporaire), cette bande d’eau héberge encore 140 des 660 embarcations présentes dans la lagune en 2007.

C’est également de madame Rouanet que vint la proposition la plus concrète de l’après midi : partant du constat que la limite de la zone concernée par l’arrêté municipal se trouve actuellement en plein milieu du récif barrière de posidonie, la scientifique proposa de déplacer cette limite de telle sorte que le récif barrière soit protégé dans son intégralité. Proposition qui à priori tombe sous le sens, mais à laquelle s’opposèrent Hervé Fabre (Conseiller municipal) et Jacques Savelli (CLUPIPP) pour qui il n’était pas question de signer un chèque en blanc : « Nous ne pouvons pas nous prononcer sur une modification des limites de la lagune sans en connaitre avec précision le nouveau tracé ».

Faire respecter les interdictions


Les personnes présentes étaient partagées quant au respect des interdictions actuelles, certaines disant souvent voir des planchistes dans la lagune, d’autres affirmant que c’est relativement rare. Partage également au niveau des mesures à prendre. Certains pensant qu’il fallait afficher les interdictions aux abords de la lagune et les faire respecter par une patrouille nautique, d’autre, dont notamment madame Briffaz (Conseillère municipal), persuadés que la répression serait inefficace et qu’il est plus judicieux de sensibiliser et d’informer.

Et le parc à moules dans tout ça ?


La discussion n’aurait pas été complète sans évoquer le projet de rénovation du parc à moules. La municipalité a à cœur de reconstruire le parc à moules en lieu et place de l’ancien. Cette cabane montée sur pilotis en plein milieu de la lagune ne serait pas utilisée pour l’élevage des moules mais plutôt comme témoignage du passé, elle ressusciterait une partie de notre patrimoine et aurait une fonction éducative à l’intention des scolaires. Le trajet de la corniche au parc à moules se ferait grâce à des « bêtes » (Sorte de pointu à fond plat), de telle sorte de ne pas détériorer les fonds, apportant par la même occasion des arguments supplémentaires au maintient de pointus dans la lagune au-delà de l’AOT. Mais avec Natura 2000 le projet pourrait être remis en cause. Il faudrait en effet arracher les anciens piliers rouillés et les remplacer par des neufs, opérations qui au dire des scientifiques pourraient toutes deux être nuisible aux habitats.

« De quel financement
disposons-nous ? »


Au cours de la discussion un des participants posa la question cruciale à Stéphane Thollon (Représentant de la DDTM - Direction Départementale des Territoires et de la Mer) : « De combien d’argent disposons nous pour mettre en œuvre le projet ? ». Le service Environnement et Forêts de la DDTM a initié le processus Natura 2000, il vérifiera que les décisions prises respectent les règles en matière d’environnement et il financera les mesures adoptées. La réponse de Stéphane Thollon fut à premier abord très satisfaisante : « Nous y mettrons l’argent qu’il faudra », puis il se reprit presque aussitôt : « Nous n’avons pas de limite si ce n’est celle du raisonnable ». Il explique sa réponse par le fait que jusqu’à présent il n’y a pas encore de site Natura 2000 en mer et qu’à ce jour la DDTM n’a pas d’expérience concernant les coûts de mise en œuvre d’un tel projet.

XT, le 13 janvier 2010

Autres photos:

Geneviève Briffaz et Hervé Fabre, La municipalité émet des réserves : « Nous ne pouvons pas nous prononcer sur une modification des limites de la lagune sans en connaitre avec précision le nouveau tracé. » Elodie Rouanet (Scientifique à l’institut Paul Ricard et animatrice du projet Natura 2000) et Stéphane Thollon (Membre du Pôle Environnement et Milieu Naturel de la DDTM, et chargé du suivi de l’élaboration du DOCOB). Au centre Jean-Pierre Mauric du club Canoe Kayak 83 du Brusc explique que la pratique du kayak ne détériore pas le milieu : « Les kayaks glissent en surface et nous ne mettons pas pied à terre dans la lagune ».
Geneviève Briffaz et Hervé Fabre, La municipalité émet des réserves : « Nous ne pouvons pas nous prononcer sur une modification des limites de la lagune sans en connaitre avec précision le nouveau tracé. »