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Le 10. octobre 2014 à 16h45

Six Fours Musique Mathieu Boogaert : Une leçon de musique à l'espace Malraux

Sans bruits, sans éclats, Mathieu Boogaert fait partie depuis plus de vingt ans, du paysage de la chanson française. Il était vendredi l'invité de l'Espace Malraux pour un mini-concert donné devant un public de collégiens six-fournais.

Artiste éclectique, il a aimé la musique grâce au Rasta Bob Marley et a eu l'envie de chanter grâce à cet original artiste hollandais qu'est Dick Annegarn. S'il écrit pour les autres, c'est pour Vanessa Paradis, Camélia Jordana... ou Dick Rivers !Électron libre, il fait son chemin et a déjà à son actif sept albums.

Il était vendredi l'invité de l'Espace Malraux pour un mini-concert dans la lignée des concerts pédagogiques d’antan et avait devant lui l'un des plus jeunes publics qu'il ait jamais eu  : des élèves de 4ème des collèges Reynier et Font de Fillol. Une heure guitare-voix pour un public très attentif et qui, après ce mini-concert, lui posait des questions fort intéressantes et judicieuses.

Mathieu Boogaert en quelques questions


Écrire des chansons, est-ce difficile ?
Je dirai que pour moi c'est à la fois très facile et très difficile. Les mélodies me viennent à tout moment, par hasard, sans que je les cherche. Elles viennent à moi spontanément. C'est après que ça devient difficile car pour les terminer, il me faut beaucoup de concentration et je mets quelquefois cinq ans avant qu'elles ne voient le jour.
Comment êtes-vous venu à la musique ?
Il y a eu quatre étapes : mon père, qui était antiquaire, a un jour apporté un piano à la maison. Je m'y suis mis aussitôt. J'avais 9 ans et j'ai écrit ma première chanson. A 18 ans, j'ai décidé de quitter l'école pour vivre de la musique, sans savoir vraiment comment. A 21 ans, j'ai trouvé un boulot qui m'a permis de gagner ma vie et de faire de la musique à côté. A 25 ans, j'ai signé un contrat dans une maison de disques. Mes parents ne m'ont rien empêché de faire et ont très vite compris que ma voie n'était pas dans les études. Et j'avoue que si je n'avais pas essayé j'aurais eu des regrets toute ma vie.
Comment écrivez-vous pour les autres ?
C'est instinctif. D'abord, il faut qu'on me demande, comme l'ont fait Vanessa Paradis et Camélia Jordana. Et puis j'écris en fonction de ce que je ressens de l'artiste. Je me projette dans leur personnalité, pas besoin de les rencontrer. J'écris sur des sentiments que tout le monde peut avoir et sur ceux que m'évoquent l'artiste. Après, c'est à l'artiste d'adapter sa façon de la chanter.
Est-ce qu'un chanteur gagne beaucoup d'argent ?
Il y a ceux qui en gagnent, qui ont voitures de luxe et gardes du corps. Il y a ceux qui jouent dans le métro et qui crèvent de faim... Je suis entre les deux !
Mais si l'on fait un tube, on peut gagner jusqu'à dix, vingt fois le smic d'une année... C'est rare mais ça arrive. J'ai écrit quelque 130 chansons, ce qui fait six heures de musique en 25 ans !
Et en 7 disques j'ai vendu 200.000 albums... Certains le font en un seul disque !
Sur scène, quand vous chantez, vous pensez à quoi ?
Pour faire un bon concert, je ne dois penser à rien, je dois être habité par mes chansons. Si je commence à penser à n'importe quoi, le concert est mauvais. Disons que sur une heure et demi, je ne pense à rien d'autre durant une heure et quart... Heureusement !
La musique, ça signifie quoi pour vous ?
C'est pour moi quelque chose d'essentiel. Si je reste deux jours sans guitare, je suis en manque. C'est quelque chose de très sensuel pour moi. Ça a un rapport au corps très important, tout comme un sportif.
Jusqu'à quand comptez-vous chanter ?
(Rires). Je ne peux pas prédire jusqu'à quand mais je pense que c'est tant que j'en aurai envie. Tant que j'aurai de l'inspiration. Et aujourd'hui, je suis très inspiré, même si c'est difficile".

Chanteur d'aujourd'hui pour public de demain


Beaucoup d'autres questions sont venues émailler cette rencontre fort sympathique, même si Mathieu Boogaert, un peu intimidé, n'a pas trop l'habitude de ce genre d'exercice.
Il a superbement joué le jeu, heureux de cet échange aussi enrichissant pour lui que pour ces ados qui ont dû entendre des chansons aussi poétiques que romantiques avec des paroles... en français, ce qui change quelque peu de leur univers musical habituel. Ils ont écouté avec attention et l'initiative de leur faire appréhender un langage, un mode de s'exprimer qui devrait faire partie de leur vie de tous les jours, remet un peu les pendules à l'heure.
Bravo aux enseignants qui ont eu cette initiative et à des artistes comme Mathieu Boogaert de jouer le jeu en toute simplicité en s'adressant à cet autre public qui est en fait le public de demain.

, le 10 octobre 2014

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