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Le 29. juillet 2014

Six Fours Catastrophe aérienne L’association Camélia Burkina est en deuil

Jean-Marie Rauzier, l'un des membres très actif de l’association six-fournaise Camélia Burkina, rentrait du Burkina Faso par le vol Air Algérie AH5017. Comme les autres passagers de l’avion, il n’est jamais arrivé à destination…

Jean-Marie Rauzier

Jean-Marie Rauzier

Monique Braquet, présidente fondatrice de l’association humanitaire Camélia Burkina, a attendu en vain l’avion de Jean-Marie Rauzier à l’aéroport de Marignane. Alors qu’il n’arrivait pas, la seule information qu’elle avait pu avoir d’Air Algérie était qu’il avait dû le rater et qu’il serait là au suivant. La suite, nous la connaissons tous, mais à ce moment-là Monique Braquet qui avait eu Jean-Marie Rauzier au téléphone la veille ne pouvait pas imaginer un tel drame. Parti le 23 mai pour un séjour de 3 mois, comme il le faisait 3 à 4 fois par an, il rentrait alors chez lui…

Une retraite active


Monique Braquet nous a reçus chez elle, à Six-Fours, en présence de sa fille Emmanuelle. Il y avait aussi Yanne, un jeune burkinabé de 12 ans qui avait été ramené de chez lui pour se faire opérer en France. Le jeune garçon handicapé des jambes depuis sa naissance a là une chance inespérée de retrouver une vie normale. C’était il y a 15 jours. Le jeune homme était radieux, alors qu’il travaillait scolairement avec un couple venu l’aider. Monique nous a parlé de l’association qu’elle a créée il y a maintenant 27 ans et de Jean-Marie Rauzier qui les a rejoints il y a maintenant 6 ans. L’émotion était bien présente mais la présence du jeune burkinabé et les nombreuses actions en cours et à venir permettent sans doute à Monique et sa fille de se dire que la vie continue…

Ancien salarié de la Sécurité Sociale, Jean-Marie Rauzier avait trouvé un sens dans le scoutisme pendant 20 ans. C’est là qu’il s’était occupé des enfants de Monique Braquet et qu’il a fait sa connaissance. Dès qu’il fut à la retraite, son envie d’humanitaire se concrétisa. En 2008 il rejoignait l’association Camélia Burkina et partait dans ce pays qu’il ne connaissait pas. Là-bas, il s’occupait de soutien scolaire et de l’alphabétisation. Cinéphile averti, il diffusait la culture du français à travers la projection de films. « Il était très attaché à son groupe de jeunes, nous raconte Monique Braquet, sans rien nous demander, il leur payait souvent le repas… » ajoute-t-elle.
Homme simple, très paternel, mais exigeant sur le travail, il répétait souvent : « Dans le scoutisme j’avais trouvé un sens à ma vie mais au Burkina c’est encore plus fort ». Il était tombé amoureux du Burkina Faso et de ses habitants comme le dit Emmanuelle Braquet, la fille de Monique : « L’Afrique c’était son jouet, son but. Il s’y était épanoui ». Elle me montra alors une photo : « Vous voyez ce sourire. Il ne l’avait que là-bas ». Il aimait tellement ce pays qu’il envisageait de s’y installer. Celui que ses élèves appelait Papa Jean-Marie était réellement apprécié à tel point que ceux-ci lui disaient : "on te construira ta maison". Il avait un cœur énorme » conclue Monique Braquet… Ses anciens scouts, mis au courant de sa disparition sont effondrés. A travers ce témoignage on ne peut que les comprendre.

Camélia Burkina, 27 ans d’humanitaire


Il est impossible de parler de Jean-Marie Rauzier sans citer l’association Camélia Burkina. Celle-ci a été fondée il y a 27 ans par Monique Braquet, qui ne se destinait pas alors à œuvrer autant dans l’humanitaire. Neurologue de métier, Monique était régulièrement sollicitée pour venir en aide à des enfants roumains. Camélia a été l'une des premières dans ce pays de l’est de l’Europe, mais la nécessité d’une structure est vite apparue. L’association est née avec ce nom, Camélia. Elle a aidé plusieurs petits roumains et roumaines jusqu’à la révolution de 1989, qui renversa le dictateur Nicolae Ceausescu. La mission de l’association devenait alors moins indispensable.
Le deuxième épisode s’est déroulé en Tunisie, avec le rapatriement d’un enfant né avec une épilepsie, son opération à Marseille au Centre Saint Paul et sa prise en charge à San Salvadour.
C’est ensuite au Mali où une amie de Monique œuvrait qu’a continué l’action avant de se poursuivre au Burkina Faso. Ce fut le premier voyage de Monique Braquet, sur le continent africain qui l’amena au village de Zagtouli près de Ouagadougou. « Là-bas, nous avons construit des puits et aidé ensuite à l’agriculture. Puis nous avons aidé au développement du centre médico-social à Salbisgo et Villy », nous raconte Monique. L’aventure au Burkina Faso les a amenés un peu partout dans le pays pour recréer un dépôt pharmaceutique à Tougan, parrainer des enfants, « Il y avait une misère épouvantable » dit-elle. L’ouverture du 1er centre médical à Goundi a été très importante pour la population, pas seulement locale comme Monique nous le commente : « Quand l’équipe est là au complet, ce sont 100 consultations par jour, sinon environ 25 … ». L’action de Camélia Burkina continue avec la création d’un centre de rééducation nutritionnel, de la formation de personnel et d’une école de 3 classes, plus une autre pour les enfants handicapés à Goundi. C’est de là que vient le jeune Yanne…

La boucle ne sera jamais bouclée pour l’association six-fournaise qui ne s’arrête jamais. Le projet en cours concerne la réfection d’une clinique désaffectée. Les premières consultations devraient se faire en octobre et la chirurgie en 2015. En attendant la prochaine étape, c’est le départ d’un container rempli de matériel, pour eux et d’autres associations humanitaires. Ça se passera le 17 septembre à Six-Fours. Nous serons là, pour vous le raconter…

PH, le 29 juillet 2014

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