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Le 17. septembre 2011 à 23h31

Sanary Patrimoine La vie de Sanary sous l'occupation au théâtre Galli

La salle affichait pratiquement complet vendredi soir pour la projection de "Sanary sous l'occupation" réalisé par Michel di Giovanni. Ce film s'inscrivait dans le cadre des Journées européennes du patrimoine.

Michel et Jeanne di Giovanni ont présenté un documentaire poignant sur Sanary sous l'occupation au théâtre Galli.

Michel et Jeanne di Giovanni ont présenté un documentaire poignant sur Sanary sous l'occupation au théâtre Galli.

San Nary Studio présidé par Michel di Giovanni poursuit son travail de mémoire autour de la commune et en vrai passionné Michel di Giovanni a passé plusieurs mois sur ce second volet de la vie sanaryenne. Après avoir réalisé "Terres de Sanary, mémoire de sanaryens", il s'est intéressé à la période 39-45 au travers de photos d'archives et de précieux témoignages: "J'ai quand même plus de 50 heures de rushes, mais ce fut un travail passionnant". Sa femme Jeanne s'est occupée de la prise de son et lui de la prise de vue et du montage. Et l'émotion était grande pour Michel di Giovanni d'avoir été invité par la municipalité pour la projection de ce documentaire dans le cadre des Journées européennes du patrimoine: "C'est un vrai honneur et je ne vous cache pas aussi une certaine excitation". D'autant plus qu'il devait bien y avoir plus de 750 personnes et beaucoup attendaient de voir un proche et écouter les témoignages sur cette période. Et le public n'a pas été déçu par la qualité de l’œuvre, toute en sincérité et avec beaucoup de finesse sur une période pas facile à traiter.

Le dernier témoignage d'Henri Tisot


"Jusqu'en 43 les Italiens étaient à Sanary avant que les Allemands les remplacent jusqu'en 44. L'historien Henri Ribaud m'a servi de fil conducteur pour revenir sur cette période, j'ai pu aussi rencontrer les enfants de la famille Roethlisberger". Dans le film on retrouve des figures sanaryennes bien connues comme Louis Cavet, Gabriel Barberi, Katy Meyer qui évoque son père Victorin Turcan et Henri Tisot: "Ce fut une rencontre merveilleuse. Des amis à lui lui avaient envoyé à Paris le premier tome du dvd. Il m'a contacté et m'a fait des compliments très touchants et de fil en aiguille, je lui ai demandé s'il accepterait de témoigner pour cette deuxième partie". Michel di Giovanni est allé le 23 juillet 2011 chez lui, et pendant près d'une heure ils ont échangé, discuté: "C'était un homme vraiment humble et d'une grande finesse. Il a évoqué un bombardement en 44 aux Sablettes et a parlé de Sanary". Et à la fin de la conversation il me dit "J'espère que le film sortira avant que je ne meure". On connaît la suite un mois plus tard, et Michel Di Giovanni en reste encore très ému.
Le public a ainsi replongé dans ces années sombres. Jean-Pierre Meyer (secrétaire section ouest var PC) a félicité le travail du réalisateur: "Michel a fait en sorte de ne réveiller aucun démon, tout en ayant l'habileté de laisser transparaître, que tout le monde n'avait pas eu forcément le même comportement, il ne juge pas, il accompagne les témoignages, aidé en cela par les commentaires d'Henri Ribaud (historien)".
Sa femme Katy Meyer a évoqué les souvenirs de son grand père Joseph Turcan, militant communiste, propriétaire d'une menuiserie à l'époque (face à l'actuel kiosque à musique): "Joseph sera arrêté dès 1939 et déporté, sur ordre du gouvernement français, parce que communiste. C'est donc le papa de Katy, Victorin, âgé de 18 ans, qui va, au pied levé, gérer la menuiserie, qui était déjà un lieu de rassemblement des communistes sanaryens et qui va le rester y compris pendant la guerre. L'emplacement de l'atelier était assez stratégique, puisque sa façade donnait sur la mer, qui à l'époque était toute proche et l'arrière était accolé à une ferronnerie donnant sur l'actuelle place Cavet. Une porte de communication existait entre les deux ateliers, facilitant ainsi, l'accès entre une zone militaire interdite côté mer et le reste du village où la circulation était moins sévèrement réglementée. Victorin a participé aux actions de résistance locale, notamment dans le domaine de la propagande contre l’envahisseur".
Le film a réveillé les souvenirs de chacun et tout le monde attend le troisième volet avec impatience.
Quant aux Journées européennes du patrimoine, le clap de fin est prévu pour dimanche. Il y a encore de nombreux rendez-vous, des expositions aux embarquements immédiats en passant par les visites guidées (voir agenda).

D. D., le 17 septembre 2011

Autres photos:

Le public était bien au rendez-vous. L'association vend aussi le dvd.
Le public était bien au rendez-vous.