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Le 18. janvier 2015 à 10h47

Le Brusc exposition Nataly Feraud à la Maison du Patrimoine : Le nu dans tous ses états

Mulhouse, Toulon, Normandie, Six-Fours...
C'est le trajet parcouru par cette belle plasticienne qu'est Nataly Feraud qui, avant d'aller vers les brumes normandes, a fait ses études à l'Ecole des Beaux-Arts de Toulon, puis Paris, pour mieux se retrouver sous le ciel varois à Six-Fours.

Ca ne fait que six mois qu'elle a retrouvé "son soleil" et partout où elle passe proposer ses oeuvres, les réponses positives arrivent en avalanche : Hyères, la Garde, la galerie de l'Olivier à Ollioules, le supermarché de l'Art de toulon, l'Atelier des arts de Sanary et aujourd'hui, la Maison du Patrimoine au Brusc, nos deux Dominique, Ducasse et Baviera, ayant été les premiers à l'inviter pour cette exposition.
Nous sommes en présence d'une oeuvre forte qui représente la nudité dans tous ses états, dans tout le sens du terme, de la chair à l'âme en passant par la pensée. Des tableaux qui vont du noir le plus sombre au rouge-orangé le plus éclatant, que Nataly nous explique :

Quand le dessous devient le dessus...


"Déjà au Moyen Âge, l'orange était utilisé comme sous-couche d'une toile car cette couleur renforçait les autres couleurs passées au-dessus. Aujourd'hui j'utilise donc le dessous pour le dessus afin de représenter la substance de la chair, la carnation de la peau".
Ainsi découvre-t-on des toiles très abstraites et pourtant, l'orsqu'on les approche, l'on découvre mille détails qui ne sont pas là par hasard, superbement - je dirais presque subliminalement - orchestrés avec une belle énergie.
Ses toiles sont aussi volubiles que celle qui les a conçues car, même si elle dit ne pas savoir en parler, on reste suspendu à ses lèvres par la subtilité et la simplicité de son propos et le charme qui dégage de sa personne.
"Je dois entrer dans ma toile, faire corps avec la peinture tout en étant toujours dans un équilibre précaire. Car c'est d'abord un dialogue entre elle et moi avant de devenir un triangle avec le public.
Quelquefois je me trompe de route mais me tromper me fait aussi avancer. Il faut accepter de se perdre pour mieux se retrouver. C'est en quelque sorte un combat avec la toile dont je ne sors pas toujours vainqueur. Le plus dur est de savoir terminer une toile avant d'y passer à côté à force d'y revenir et garder cet équilibre"
Quelle est votre façon de travailler ?
Lorsque je démarre une toile, je ne sais pas où je vais aller, un peu comme un auteur qui crée un personnage et se laisse entraîner par lui. Même si je la respecte, je provoque la toile sans jamais faire semblant. Je travaille à même le sol, je traverse la toile, j'y laisse des empreintes, puis le m’assois et la regarde... et quelquefois je m'endors de fatigue. Au réveil je trouve la solution. La peinture, c'est une épreuve de force. C'est à la fois difficile et exaltant.
Votre retour dans le Var a-t-il changé votre façon de travailler ?
Je suppose que oui. J'ai d'abord trouvé un rythme de vie différent mais surtout, j'ai retrouvé le soleil et avec lui, l'ombre. L'ombre, c'est la disparition de quelque chose. J'ai déjà pris beaucoup de photos et l'ombre sera le thème de mon prochain travail que j'intitulerai "Longueurs d'ombres"

Résidente à l'Atelier des artistes de Sanary


Aujourd'hui, elle a été invitée six mois comme résidente à l'Atelier des Artistes de Sanary, avec deux autres co-locataires plasticiennes;
"Je n'ai jamais travaillé auprès de quelqu'un car jusqu'ici peindre a été pour moi un travail solitaire. Je ne sais pas comment ça va se passer avec ces deux autres artistes que je ne connais pas encore. Comme je travaille à terre, je salis beaucoup... Il va falloir que je m'organise !".
Mais solitaire ou pas, Nataly sait que tout ce qui est de l'ordre de la création doit être un engagement :
"Il faut être moralement impliquée sinon, on finit par faire de la déco".
Mais en changeant de vie, passant d'un immense loft à un lieu moins spacieux, elle déjà dû faire un choix : un tri dans ses toiles car il a fallu qu'elle se sépare d'un certain nombre.
"C'est un choix de vie et ce choix s'est aussi porté sur mes toiles."
Elle dit cela sans regrets, préférant regarder devant que se retourner. Et cette nouvelle vie qu'elle s'est choisie, nous allons en bénéficier puisque nous adoptons une artiste talentueuse et originale mais aussi une femme de passion, de bon sens, aux idées et aux projets clairs et nous ne pouvons que vous conseiller d'aller vers elle et de découvrir l'artiste et la femme, le samedi 24 janvier de 15h à 17h à la Maison du Patrimoine au cours d'un "Art Thé". Un suivi pédagogique avec le groupe scolaire Dodéro du Brusc s'instaurera autour de cette exposition.
Au cours du vernissage, Dominique Ducasse nous a également dit sa joie de voir se terminer les travaux de la Maison du Cygne qui rouvrira ses portes le vendredi 23 janvier à 18h30 avec une exposition de Sylvie Gérard et Philippe Gallego.

www.natalyferaud.com

, le 18 janvier 2015

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