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Le 15. juillet 2015 à 09h46

Sanary Culture Patrick Poivre d'Arvor à Sanary : "L'important dans la vie : la famille, les rencontres"

L'an dernier, grâce au journaliste Jérôme Levy, nous avions eu à Sanary une belle rencontre littéraire avec Franz-Olivier Giesberg.
Cette année, il a récidivé en ce 14 juillet avec Patrick Poivre d'Arvor.

Malgré le jour de fête et le temps à la plage, beaucoup de gens s'étaient déplacés devant l'Office du Tourisme pour rencontrer cet Homme de l'Art, dans tout le sens du terme, puisque journaliste, animateur de télé et de radio, écrivain, ambassadeur de l'UNICEF...
Avant d'affronter la foule, les selfies, le soleil et les autographes, c'est en toute intimité qu'il nous reçoit au bord de l'eau... après avoir pris un bain dès son arrivée à Sanary !
Dans son actualité, deux livres. Un roman : "Un homme en fuite" (Ed Robert Laffont), sorti voici trois mois et "L'odyssée des marins" (Même éditeur), écrit avec son frère Olivier, sorti depuis quinze jours.

Deux livres


"Mon roman, "L'homme en fuite", est l'histoire d'un chirurgien qui a commis une faute grave en opérant un enfant alors qu'il avait bu. L'enfant est mort et il va fuir ses responsabilités, la justice, l'Ordre National des Médecin, le grand père de l'enfant, le regard des autres, sa famille, ses collaborateurs, ses amis...
Traqué, il va errer de ville en ville, se sentant en fin de course alors qu'il était un brillant chirurgien. Jusqu'au jour où il rencontre un enfant autiste, il va vouloir se racheter, travailler avec l'association des Nez Rouges et lui lire "Le Petit Prince"...

"Le Petit Prince"... C'est votre livre fétiche ?
C'est pour moi un ouvrage majeur dont on n'a pas évalué l'importance à sa sortie, qui est aujourd'hui le livre le plus vendu en France et dans le monde, dont on ne compte plus les traductions. Plus fort que la Bible !
Il se trouve que St Exupéry était un être proche de ma famille puisqu'il était très ami avec mon grand père qui était aussi aviateur. Quant à ma grand mère, elle fut l'une des amies les plus proches de sa femme Consuelo, que j'ai d'ailleurs connue. Elle m'appelait "Mon petit prince" ! Quand on est un petit garçon complexé, ça vous aide ! J'ai d'ailleurs écrit un livre : "Le petit prince du désert".

Vous avez d'ailleurs tourné un documentaire sur lui, présenté au Théâtre Liberté à Toulon ?
Oui, dans le cadre d'une série "Une maison, un artiste" que l'on peut voir sur France 5 sur Dalida, Henri Salvador, St Laurent, Cézanne, Maria Casarès, Chaplin, Sarah Bernhard et bien d'autres.

Vous vous êtes aussi lancé dans des récitals de poésie !
Oui, c'est un peu particulier car je fais cela de temps en temps avec mon ami d'enfance, le pianiste Jean-Philippe Collard. Nous venons d'ailleurs de nous produire au château de la Coste où je récitais des poèmes d'amour issus de mon livre d'anthologie et qui correspondent à la musique de Chopin.

Votre venue à Sanary est-elle exceptionnelle ou bien faites-vous une tournée ?
C'est exceptionnel parce que je suis ami avec Jérôme Levy qui me l'a proposé et le soir même je suis à Hyères avec une autre amie, Marie-Jeanne Chauvin. Après, j'ai quelques festivals comme "Un violon sur le sable" à Royans où l'an dernier il y avait 40.000 personnes... C'est impressionnant !.

Vous êtes très éclectique !
J'aime faire des choses différentes, j'aime surtout les rencontres et j'ai toujours fait ce genre de choses, même lorsque j'étais journaliste. Je le faisais le week-end et je préférais faire ça que de me retrouver entre journalistes pour tourner en rond et être déconnecté de la vie. Je bouge, je me déplace, je regarde, j'écoute.

Vous venez donc de signer un nouveau livre avec Olivier, votre frère
Il s'intitule "l'Odyssée des marins" et nous sommes remontés jusqu'à l'Antiquité pour retrouver la trace des marins célèbres, de Pythéas à Tabarly en passant par Cook, Surcouf, Charcot, Bombard, Paul-Emile Victor... C'est un très grand livre avec de très belles photos, tiré sur du très beau papier, qui fait 1300 pages. Nous en sommes très fiers !

Vous aimez travailler en famille ?
Oui, la famille c'est quelque chose d'important, d'essentiel dans ma vie car dans ce monde cruel on n'est en principe pas trahi par ses proches. Je m'appuie beaucoup sur la cellule familiale. Avec mon frère, on écrit. Avec Arnaud nous avons fait quelques émissions comme "Flash Back" pour France 3, "Non élucidé" pour la 2. Je l'aide, je le supporte et une autre émission se prépare.

Vous êtes aussi ambassadeur de l'UNICEF
Oui, on me l'a proposé après que j'ai lancé "La Maison de Solen" ma fille qui s'est suicidée. Elle a été créée pour les ados en souffrance. J'ai bien sûr accepté car il s'agit d'aider des enfants et comme j'en ai perdu trois (car j'ai aussi perdu Tiphaine à quelques mois, de la mort subite et Garance morte à la naissance) ce sont des choses qui vous changent un bonhomme. Je pars donc souvent en mission, en Irak, en Indonésie, au Sri Lanka, en Ethiopie avec des journalistes, pour rendre compte au monde et l'alerter de ce qui s'y passe.

Qu'est-ce qui fait courir PPDA ?
La passion, l'envie de bouger, de faire des choses différentes, de faire connaître des choses.
Par exemple, il y a de moins en moins de gens qui lisent et j'ai peur qu'un jour les livres disparaissent alors que c'est on ne peut plus utile, que c'est l'évasion. Moi, j'ai été sauvé par l'écriture alors que j'étais un enfant timide, sauvage. J'ai rencontré des héros et ça m'a donné un autre regard sur la vie, même si cela semble un peu romanesque !

Être la cible des guignols, ça vous gêne ?
Ce qui m'a gêné c'est que ça a failli s'arrêter car cette liberté de ton, de dire les choses, c'est important. J'ai toujours laissé dire, je les ai laissé vivre leur vie même si je ne cautionne pas toujours tout. Pareil pour "Charlie Hebdo", même si je n'en suis pas un lecteur mais j'y avais des amis. On n'est obligé de rien mais on ne peut pas cautionner des gestes criminels, la bêtise abyssale, l'extrême barbarie...
Après, si l'on n'aime pas... on n'est pas obligé de lire ou d'écouter."

, le 15 juillet 2015

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