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Le 13. janvier 2011 à 09h59

Six Fours Education Ces enfants mal aimés, objets de toutes les questions

Un enfant par classe non détecté souffrirait de dyspraxie. Trois à cinq pour cent des élèves scolarisés vivent au quotidien ce handicap qui n'est pas toujours diagnostiqué et fait souffrir enfant, parent et enseignant.

« Dys »-du grec- exprime un mauvais état ou mauvais fonctionnement, une difficulté, une anomalie.
C'est pour réagir à ce handicap « caché » que l'inspection académique de la deuxième circonscription (Sud-Sainte Baume) a choisi de consacrer une demi-journée pédagogique obligatoire en direction des enseignants du primaire. Pour cela , les intervenants de l'association « Dyspraxique Mais Fantastique » (DMF), accueillis par la mairie de Six-Fours, salle Malraux, ont exposé devant quelques 350 professeurs des écoles et en présence de leur inspectrice, Madame Godino, les tenants et aboutissants de ce handicap encore méconnu.
On les dit fainéants, maladroits, lents, brouillons ils sont souvent maltraités par leurs parents et leurs enseignants. Mais ce sont des enfants très vifs, intelligents, curieux et très à l'aise à l'oral. « L 'enfant dyspraxique conçoit bien les gestes mais n'arrive pas à les organiser ni à les réaliser de façon harmonieuse ». En clair, les troubles associés sont nombreux: difficulté à s'habiller, se laver, retard graphique et moteur, maladresse, lenteur, difficulté à s'organiser, à utiliser une règle, un ciseau, une gomme, trouble de l'attention ou de la parole.

Un handicap reconnu mais pas toujours connu


Ce handicap reconnu au même titre que la dyslexie par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) n'est encore pas toujours connu des parents et des enseignants.
«Ne serait-ce que mettre un nom sur les difficultés que rencontre notre enfant est tout à fait rassurant-nous dit Isabelle Decibre, déléguée départementale de la DMF- les parents culpabilisent volontiers ou bien on les culpabilise, alors que leur enfant souffre d'un handicap neurologique qui peut être lié à de nombreux facteurs: lésions cérébrales, prématurité, troubles envahissants du développement, précocité intellectuelle... »
Pour ces enfants, lorsqu'ils ont la chance d'être diagnostiqués et d'avoir un dossier conséquent, l'Éducation nationale a créé des postes d' « Aide à la Vie Scolaire » (AVS) qui accompagnent les enfants reconnus handicapés par la DMPH. Mais nombreux sont les enfants dyspraxiques non détectés qui souffrent encore à l'école ou chez eux, qui perdent confiance en eux ou doutent de leurs capacités mentales et développent par là des troubles du comportement souvent mal interprétés par les adultes.

Qu'en pensent les professeurs?


Les témoignages des enseignants au sortir de la conférence initiée par Pascale Mas-Saint-Guiral, directrice de l'école maternelle Portissol à Sanary, prouvent que c'est l'affaire de tous:
« C'était très intéressant d'avoir le point de vue strictement médical d'un neuro-psychiatre. En tant qu'enseignants nous avons aussi besoin d'un avis médical » (classe de CE1 au Castellet)
« Il est plus difficile d'aborder le problème en maternelle, mais je peux vous assurer que nous détectons ces enfants dès leur plus jeune âge » (classe de maternelle à la Cadière d'Azur)
« J'avais l'an dernier un enfant dyspraxique dans ma classe. Il vaut mieux le savoir pour pouvoir l'aider au maximum. Chez nous l'AVS (Aide à la Vie Scolaire)a été refusée cette année! (classe de CE2, Sanary)
« Je ne connaissais pas l'association « Dyspraxique Mais Fantastique ». Nous avons découvert le problème de ces enfants il y a à peine 5 ans. Et jusqu'à ce jour nous n'avons reçu aucune formation. J'apprécie donc cette conférence (classe de CM2, Le Beausset)
« J'enseigne en CLIS (Classe d'Intégration Scolaire) depuis de nombreuses années et je m'occupe d'enfants qui ont plusieurs troubles associés. J'ai donc l'habitude de travailler avec de nombreux partenaires. Je suis contente de trouver au sein de l'association DMF un nouveau partenaire possible. Mais, au fond, nous les enseignants, restons tout de même très démunis. Aujourd'hui nous devons davantage prendre sur nous et prendre en charge ces enfants avec de moins en moins d'aide. Il faut s'adapter à l'enfant, mais j'ai de la chance parce que, pour moi, ce n'est pas si compliqué avec mon expérience » (classe CLIS au Beausset)
Voilà une matinée constructive pour nos enseignants souvent très seuls face à leur classe et leurs élèves en difficulté. Peu de solutions au bout du compte en fin de conférence, juste quelques pistes, quelques conseils ou témoignages qui feront encore sentir la grande solitude des parents et des enseignants.
Il reste heureusement ces initiatives nées de la douleur de parents concernés, ces associations combatives comme DMF et bien d'autres qui œuvrent pour rassembler, informer, alerter et plaider...

A.I, le 13 janvier 2011

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350 professeurs des écoles prêts à aider les enfants dyspraxiques
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