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Le 3. avril 2011 à 21h38

Sanary Jardinage Gilles Clément, l'invité prestigieux de la médiathèque

L'auteur du concept du "Jardin en mouvement" donnait une conférence samedi soir à la médiathèque devant une salle pleine. Cet ingénieur horticole de formation a notamment réalisé le jardin du musée du quai Branly.

Gilles Clément a captivé l'assistance.

Gilles Clément a captivé l'assistance.

Gilles Clément, ingénieur horticole de formation enseigne aujourd'hui à l'école nationale supérieure du paysage de Versailles. On lui doit les concepts du "Jardin planétaire", du "Tiers paysage" ou du "Jardin en mouvement". Auteur de nombreux ouvrages, il est bien évidemment célèbre pour ses réalisations comme le parc André-Citroën, le parc Matisse à Euralille, le jardin du château de Blois, le jardin du domaine du Rayol...
C'est donc une figure de marque que la médiathèque a invité dans le cadre de la manifestation "Transformer la ville en jardin".
Ariane Céris directrice nous avoue son admiration pour Gilles Clément et la manifestation a été conçue autour de son travail. La salle Marie-Mauron affichait complet, et de nombreux adjoints et chefs de service étaient aussi présents au fond de la salle. La conférence portait sur cette thématique, "Du jardin en mouvement au jardin planétaire". Gilles Clément a expliqué le jardin en mouvement:
"Dans ce genre d’espace les énergies en présence –croissances, luttes, déplacements, échanges- ne rencontrent pas les obstacles ordinairement dressés pour contraindre la nature à la géométrie, à la propreté ou à tout autre principe culturel privilégiant l’aspect. Elles rencontrent le jardinier qui tente de les infléchir pour les tourner à son meilleur usage sans en altérer la richesse."
"Faire le plus possible avec, le moins possible contre » résume la position du jardinier du "Jardin en mouvement". Le jardin planétaire étant "une manière de considérer l’écologie en intégrant l’homme –le jardinier- dans le moindre de ses espaces. La finalité du "Jardin planétaire" consiste à chercher comment exploiter la diversité sans la détruire. Comment continuer à faire fonctionner la "machine" planète, faire vivre le jardin, donc le jardinier".
Son exposé fut tout simplement brillant, et non dénué d'humour. A l'aide d'un diaporama, il est parti de sa propre bâtisse expliquant ses diverses expérimentations, la magie de la nature et ses nombreuses surprises... Il commenta plusieurs de ses réalisations où fut appliqué le principe du "Jardin en mouvement" comme le jardin de l’École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud à Lyon. Un moment passionnant où il ne fut pas besoin de parler d'écologie, sans grande déclaration d'intention mais en donnant juste à voir, de quoi laisser songeur l'assistance.

Gilles Clément, ou l'art de l'engagement


Cet ingénieur horticole n'a pas attendu que l'écologie devienne un fait sociétal pour en parler. Voilà trente ans, qu'aux travers d'ouvrages, de réalisations ou de conférences qu'il avance des idées humanistes. Il confie: "Je réponds à certaines sollicitations mais j'ai un peu l'impression de me répéter. J'aimerais prendre du temps l'année prochaine pour réfléchir, écrire peut-être un livre". A l'heure de la présidentielle, pas sûr que ce soit vraiment la bonne période, car il serait surprenant qu'aucun parti ne le sollicite. Il avait d'ailleurs été approché par Europe Ecologie les Verts lors des régionales et avait émis plusieurs idées dans la continuité du Jardin planétaire mais appliqué à l'économie et à la finance d'aujourd'hui "tournées contre le citoyen". Il avait aussi parlé d'une nouvelle banque de dépôt, qui ne spéculerait sur rien et il semble que l'idée est fait son chemin au niveau européen, à suivre... Il explique également qu'il faut envisager un autre modèle économique pour notre planète citant d'ailleurs le constat implacable sur la situation actuelle avec "le manifeste d'économistes atterrés". Il ne manque pas de rappeler sa position nette depuis l'avènement de Nicolas Sarkozy en écrivant: "La France a choisi le projet qui nous engage tous dans la mécanique de destruction de la planète". Il a pris cet engagement : "je décide d’orienter mes interventions, mes efforts et toute mon énergie à la mise à bien du projet Jardin planétaire, là où, en toutes circonstances, il est possible de développer un projet utile à l'humanité et non dirigée contre elle . En conséquence, j'annule la totalité des engagements pris auprès des services publics et privés sur le territoire français à l'exception des instances officielle ou non-officielles où, de façon avérée, s'établit la résistance ". Il s'est opposé par exemple au projet de fêter les 35 ans du Conservatoire du Littoral au Domaine du Rayol le 13 septembre 2010 évoquant un ministère de l'Écologie qui "s’attache à surtout ne pas faire d’écologie mais bien au contraire à contribuer au saccage de cette planète".
En fait, il est impossible de le cataloguer, car il s'accorde avec certains thèses des décroissants mais ne les adopte pas dans leur totalité, il suffit simplement de lire son programme, comme le "Rêve en sept points pour une nouvelle gouvernance" et ses "Jardins de résistance". Pour lui, " par Jardin de résistance il faut entendre l’ensemble des espaces publics et privés où l’art de jardiner – qu’il s’agisse de jardins vivriers ou de jardins d’agrément, de parcs urbains ou d’espaces d’accompagnement de la ville, de territoires appartenant au tissu de la cité ou à celui de la campagne – se développe selon des critères d’équilibre entre la nature et l’homme sans asservissement aux tyrannies du marché mais avec le souci de préserver tous les mécanismes vitaux , toutes les diversités – biologiques ou culturelles – dans le plus grand respect des supports de vie ( eau , sols , air ) et dans le plus grand souci de préserver le bien commun et l’humanité tributaire de ce bien commun".
Et le dernier point laisse à réfléchir:
"Le Jardin planétaire prolonge et unifie sous un seul concept les Jardins de résistance. Supposons la résistance ayant joué son rôle partout sur la planète il devient alors possible de développer un projet d’écologie humaniste. Le Jardin planétaire argumente sur la notion de diversité, insiste sur la haute dépendance de l’humanité à la diversité (biologique et non biologique) et, par conséquent, sur la fragilité de l’espèce humaine. Il pose une question centrale : « Comment exploiter la diversité sans la détruire ? »" ....
Le reste est à découvrir sur son site http://www.gillesclement.com

D. D., le 03 avril 2011

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Autres photos:

Un public conquis par les idées de cet ingénieur horticole. Ariane Céris a présenté Gilles Clément.
Un public conquis par les idées de cet ingénieur horticole.